Paris des Années Folles

Jeu de rôle à Paris dans les années 20
 
AccueilFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 De Montmartre au Boulevard

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Georges Morel

avatar

Nombre de messages : 4
Métier : Journaliste, homme de lettres
Date d'inscription : 24/12/2007

MessageSujet: De Montmartre au Boulevard   Lun 24 Déc - 15:34

Georges avait erré toute la matinée dans le quartier à la recherche de ses souvenirs. Montmartre décidement ne ressemblait plus à celui qu'il avait connu avant guerre. Plus une figure connue au Chateau des Brouillards, le Bateau-Lavoir démoli pour insalubrité. Non décidement, Montmartre ne ressemblait plus à rien. Il descendit la Butte par la rue Lepic et désespérait à chaque coin de rue de retrouver des figures connues. Tant d'amis n'étaient pas revenus du front, combien reposaient désormais dans la terre grasse de Verdun, des Eparges, la craie de Champagne ou bien dans la Somme. Lui même avait été marqué dans sa chair et la terrible balafre qui barrait son visage lui rappelait à chaque instant à travers le regard des autres qu'il faisait partie de la grande famille des Gueules Cassées. Hormis quelques apaches trop connus et fichés par la police pour être vraiment inquiétants, rien, Georges ne retrouvait rien.
Il n'avait pas voulut pas aller boire un verre chez le Père Frédé, au Lapin, rue des Saules. Trop de souvenirs morts étaient rattachés à ce lieu. Il avait marché, longtemps et l'air frais avait peu à peu apaisé sa rancoeur. Pourtant, la nausée le prit alors qu'il passa devant l'enseigne fermée du restaurant de la Mère Coconnier en bas de la rue Lepic.
Ce n'était plus à Montmartre qu'il trouverait ce qu'il était venu chercher. Il héla un taxi place Clichy et demanda au chauffeur de le conduire vers l'Opéra.
Peut-être y avait-il encore une parcelle d'espoir sur le Boulevard.
(...)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Georges Morel

avatar

Nombre de messages : 4
Métier : Journaliste, homme de lettres
Date d'inscription : 24/12/2007

MessageSujet: Re: De Montmartre au Boulevard   Mer 26 Déc - 1:57

Le taxi s'arrêta le long du trottoir et Georges paya sa course. Il laissa un pourboire au chauffeur, et l'homme remercia d'un machinal "merci m'sieur" tandis qu'un autre client montait déjà dans le véhicule. Le boulevard des Italiens était une ruche, comme d'habitude, et personne ne prennait le temps de s'attarder.
Georges remonta le boulevard et s'arrêta devant le Napolitain. Il hésita une seconde à entrer, jeta un rapide coup d'oeil pour voir s'il n'y aurait pas quelques confrères connus attablés, et reprit finalement sa marche. Non, le "Napo", c'était trop de souvenirs d'avant guerre, et trop d'amis étaient disparus depuis.
"Qu'il est loin le temps où Ernest la Jeunesse reignait en maître sur ce lieu !" songea-t-il nostalgique. "Lui qui était le roi du Boulevard ! Que reste-t-il de ce qu'il a écrit"
Georges aurait plus de chance peut-être du côté de la rue Montmartre. A cette heure de la journée, ses confrères devaient être en train de terminer leurs papiers pour l'édition du soir. Il ne connaissait plus grand monde à l'Aurore. En face, peut-être ? Avec un peu de chance il tomberait sur Brulat au Journal, qui lui trouverait peut-être une place d'échotier et le renseignerait.
Georges tourna rue de Richelieu, entra dans l'immeuble et demanda si Paul Brulat était là. Par chance, il n'avait pas terminé son article, il était à son bureau. Georges monta l'escalier quatre à quatre, frappa trois coups secs et attendit avant d'entrer. Sa silhouette n'avait pas changée, toujours ce visage long et osseux, et cette barbe qui lui donnait dix ans de plus qu'il n'avait. Celui-ci fut très agréablement surpris de son entrée :
"Georges Morel ! Toi ici ! Quel heureux hasard !"
Les deux hommes se serrèrent chaleureusement les mains.
"Voilà bien une éternité que je ne t'ai pas vu ! Depuis... "
Voyant la terrible cicatrice qui barrait la joue droite de son ami, il n'osa pas aborder le sujet.
"Je sais que ça a été très dur pour toi... Je suis heureux de te savoir revenu parmi nous " dit-il simplement.
Georges sentait qu'il débarquait un peu à l'improviste, Paul Brulat était visiblement en plein travail.
" As-tu quelques minutes pour venir prendre un verre avec moi ?
"Bien sûr ! Ecoute, j'en ai pour quelques minutes à terminer mon article, tu sais comme la rédaction est toujours aussi tatillonne... Pourquoi ne m'attendrais-tu pas au Cardinal, je t'y rejoins sous peu... Nous aurons un peu de temps pour bavarder"
Georges pris congé de Brulat et descendit l'attendre à la brasserie à l'angle de la rue, où il avait si souvent été auparavant. Il s'installa au comptoir en attendant son ami, comme à son habitude.
"Un scotch, sans glaçons" commanda-t-il au barman, tandis qu'il commençait de lire un exemplaire d'un journal qui trainait sur le zinc.
(...)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Georges Morel

avatar

Nombre de messages : 4
Métier : Journaliste, homme de lettres
Date d'inscription : 24/12/2007

MessageSujet: Re: De Montmartre au Boulevard   Jeu 27 Déc - 11:49

Tandis qu'il prenait connaissance des nouvelles du jours; - du fait divers banal (le procès Landru) et rien que de très habituel à l'étranger: l'occupation de la Rhénanie, le conflit à la frontière russo-polonaise et les troubles dans les pays baltes - Georges soupira en tournant les pages. Décidement, la paix était encore bien fragile, ce monde était loin de tourner rond et pour un journaliste de terrain, c'était l'assurance d'avoir toujours du travail...
Peut-être faisait-il fausse route, finalement, à vouloir retrouver à tout prix cette mystérieuse infirmière. L'hôpital de campagne où il avait passé de longs mois n'avait pas été en mesure de le renseigner, elle avait repris son anonymat après la fin du conflit et était retournée à la vie civile. Peut-être était-ce aussi un parenthèse dans sa vie ? Elle était redevenue une épouse modèle, une mère de famille attentionnée...
Georges songea que le travail l'attendait désormais, qu'il devait se jeter à corps perdu dans cette activité et tirer un trait sur le passé. Il était temps de tourner la page. Il conservait d'elle cette photographie qu'il regardait à l'occasion et qui restait une énigme insoluble. Sa recherche attendrait un peu, voilà tout !
Tournant la tête vers l'entrée, il aperçut Brulat qui entrait. Les deux hommes s'installèrent à une table pour être plus tranquilles. Brulat commanda un bock et plongeant sa moustache dans la mousse, annonça fièrement après avoir pris une longue gorgée :
"J'ai une bonne nouvelle pour toi ! J'ai vu le secrétaire de rédaction, et on a besoin de quelqu'un pour la chronique théâtrale de la semaine. Ledrain est malade et a déclaré forfait."
Georges le regarda avec de grands yeux.
"Chroniqueur de théâtre ? Comme tu y vas ! Ce n'est pas trop ma spécialité !"
"Bah, tu sauras bien te débrouiller, et puis, petit veinard, il y a des contraintes plus désagréables que celles-ci ! J'aurai pu t'envoyer faire le compte rendu des courses à Auteuil ou des chiens écrasés, alors que là, tu auras tout un tas de petites théâtreuses à découvrir et interviewer... D'alleurs j'ai dis à la rédaction que c'était d'accord. Prends le programme des spectacles et fais-nous découvrir demain ce que tu auras vu ce soir ! Tu as besoin de travailler, non ?"
Georges acquiesca. Après tout, il fallait bien commencer par quelque chose et son compte en banque ne lui permettait pas de faire la fine bouche. Rien ne l'empèchait d'ailleurs de continuer d'écrire la journée et de placer en feuilleton un de ses contes au Petit Parisien ou ailleurs, et d'aller se changer les idées au théâtre, le soir. Une chronique par jour, c'était à la portée de n'importe que pousse-crayon, pourquoi pas lui ?
Brulat termina son verre et se leva. Laissant quelques pièces de monnaie sur la table, il fit signe au garçon.
"Laisse, c'est pour moi ! A charge de revanche, dès que tu auras fait paraitre ton premier bouquin..."
Les deux hommes se quittèrent en se serrant chaleureusement la main.
"Merci de tout ce que tu fais pour moi !"
"Je dois rencontrer quelques "huiles" tout à l'heure : la conférence de Versailles... Nous verrons bientôt à quelle sauce le boche va être mangé et si nous serons assez stupides pour ne pas lui faire payer cher l'envie de recommencer une guerre ! Je serai au Napolitain vers 19 heures si tu veux me voir !"
Georges repris sa lecture et regarda le programme des théâtres de la soirée. Il y avait là beaucoup de choix, peut-être faudrait-il un petit coup de pouce du destin pour l'influencer ?...
(...)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: De Montmartre au Boulevard   

Revenir en haut Aller en bas
 
De Montmartre au Boulevard
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Hollywood Dream Boulevard
» I WALK THIS EMPTY STREET ON THE BOULEVARD OF BROKEN DREAMS - 20 JUILLET, 18H34
» « Boulevard of Broken Dreams »
» narcisse sauvage || boulevard of broken dreams. [21/10]
» La ville de Paris inaugure, le mercredi 25 septembre 2013 à 11H15, le boulevard du général d’Armée Jean Simon

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Paris des Années Folles :: Paris populaire :: Montmartre-
Sauter vers: